"L’amour que nous cherchons. L’amour qui vit en nous"
ARTICLE
La seule raison pour laquelle nous aspirons tant à faire l’expérience de l’amour, à trouver notre partenaire, à tomber amoureux, est de connaître notre nature divine, qui est amour ; de retrouver la vérité perdue.

Nous sommes nés de la lumière, de la plus pure lumière de l’amour, puis nous nous sommes cristallisés dans une forme physique, où notre essence connaissante s’est scellée profondément en nous, sous la pression de la densité terrestre, oubliant qui elle est véritablement.

Nous nous sommes condamnés à de longues et épuisantes recherches pour retrouver la manifestation de cette lumière : la moindre étincelle, un reflet, des réverbérations — dans l’approbation des autres, dans le fait d’être choisis par quelqu’un, dans l’amour d’autrui.
Et c’est ainsi qu’en oubliant l’essentiel, nous nous sommes tournés vers l’extérieur — vers la seule chose qui nous semblait, comment dire, possible ?

Il est rare que les gens reconnaissent se sentir véritablement heureux et entiers lorsqu’ils sont seuls ou dans la solitude. Il est rare que les réponses positives soient sincères. Car il ne s’agit pas ici d’un séjour en solo, le temps des vacances, ni d’un ou deux jours passés avec soi-même. Cela a son importance, je ne le conteste pas. Mais non — ce n’est pas tout à fait cela.

Et j’ai longtemps réfléchi à ceci :

Pourquoi ne pouvons-nous pas connaître notre divinité sans entrer dans une relation amoureuse ?
Pourquoi est-il si important pour tout le monde de fonder une famille, d’être aimé, d’aimer ?
Pourquoi passons-nous toute notre vie à chercher sans relâche le « sauveur » de notre prétendue solitude ?

La plupart des gens se considèrent comme incomplets, « brisés », comme s’il leur manquait quelque chose, s’ils n’ont toujours pas trouvé leur partenaire, leur « pièce manquante du puzzle ». Et la société est toujours là pour nous rappeler combien il est important, combien il est nécessaire, de se marier, de fonder une famille, simplement d’être avec quelqu’un. Beaucoup restent ainsi ensemble, car toute autre possibilité leur semble inconcevable.
Combien de fois ai-je entendu cela…

Combien de fois l’ai-je observé de l’extérieur,
Combien de fois m’y suis-je moi-même retrouvée.
Cette histoire comporte de nombreuses strates, et on peut les interpréter de bien des façons.

Le thème de l’amour est sans doute — et même, sans aucun doute — devenu le sujet le plus débattu et, malheureusement, le plus déformé, le plus saturé de clichés au monde. Et si l’on part du principe que tout vient de l’intérieur, alors chacun perçoit cette notion vaste et éternelle à sa manière. Cette expression, « à sa manière », signifie à travers ses propres « lentilles » ou lunettes, constituées de son éducation, de son enfance, de ses expériences amoureuses, de son degré d’ouverture et de conscience, de ses croyances intérieures. Bien sûr, de bien d’autres choses encore, mais je pense que les éléments énumérés ici illustrent l’essentiel.

Qu’est-ce que l’amour ?
Prenez un instant pour y réfléchir et essayez de répondre à cette question.

Pour certains, c’est le sacrifice de soi et l’abandon total au nom de l’autre.
Pour d’autres, c’est une forme d’utilisation mutuelle, un « pansement » destiné à combler leur propre manque d’assurance.
Pour d’autres encore, c’est le contrôle, la manipulation, la possession.
Et pour d’autres, enfin, c’est la liberté, la confiance, l’ouverture.
Chacun donnera ici sa propre réponse.

Alors, me direz-vous, faut-il désormais renoncer à cette expérience, se replier sur soi et fermer cette porte une fois pour toutes ?

Non, ce n’est pas ce que je souhaite dire aujourd’hui.
Abordons ce sujet sous un angle quelque peu différent.

Cet été, à Paris, j’ai retrouvé une artiste que je connais depuis longtemps, sur l’une de ces terrasses ensoleillées et pleines d’atmosphère de la capitale vibrante. Elle pratique la thérapie par la peinture abstraite et assiste assez régulièrement à différents échanges, formations et conférences autour de l’âme. Ce jour-là, elle m’a raconté son expérience avec un gourou de Rome, un homme très âgé et d’une grande sagesse. Elle m’a expliqué combien il avait l’habitude de ramener tous ses enseignements à une seule conclusion, à une seule phrase, qu’il répétait inlassablement :

« Ne l’oublie jamais. Le secret de toute chose et la réponse à tout se trouvent dans les “relations” entre les êtres humains, dans leurs interactions les uns avec les autres. »

Bien entendu, chaque fois qu’une telle déclaration lui échappait, elle prenait mon amie au dépourvu. Elle n’arrivait pas à concevoir que ce dont elle avait cherché à se libérer toute sa vie, ce qu’elle avait fui, puisse finalement constituer la clé — une sorte de réponse de l’univers à toutes ses prières.

Qu’est-ce que tout cela signifie ?
Essayons de l’éclaircir.

On considère généralement que ceux qui cherchent à se connaître et à découvrir leur véritable nature devraient s’isoler de l’expérience humaine, se tenir à l’écart de toute interaction intime et consacrer entièrement leur vie à la spiritualité.
Cela semble plutôt poétique, vous ne trouvez pas ?

Mais, comme diraient les Français, hélas ! — il n’en est rien. Ce n’est qu’un des extrêmes, l’une des facettes de la vérité, mais pas sa totalité.

C’est pourquoi beaucoup de ceux qui s’engagent sur cette voie adoptent cette idée comme une croyance profonde et, en réalité, se coupent d’une énergie essentielle et vivifiante, celle qui se cache dans les interactions avec les autres. Je tiens à préciser que je parle ici uniquement de ceux qui ont déformé, par l’isolement, la notion de véritable spiritualité, et non de ceux qui ont ressenti au fond d’eux-mêmes un désir, un élan intérieur vers la solitude. Il y a une différence.

« Mais alors, comment faut-il comprendre cela ? » me demanderez-vous peut-être. Ici, nous courons vers l’intimité, là, nous la fuyons par tous les moyens. Alors, quelle est la bonne voie ?

Le sens, une fois encore, ne se trouve pas dans les extrêmes.
Il réside dans le fait que c’est précisément à travers l’interaction que nous apprenons à nous connaître, en rassemblant nos « fragments » dans les reflets que les autres nous renvoient.

Notre famille, nos amis, nos partenaires sont des miroirs — les plus honnêtes et les plus authentiques qui soient, à chaque instant. Ils nous montrent nos peurs, attirent notre attention sur elles par leur comportement et leur manière d’être avec nous, et procèdent en quelque sorte, chaque jour, à une sorte de « check-up », nous demandant silencieusement : « Et cette fois, comment vas-tu réagir ? »

Bien sûr, sans en avoir conscience. Ils jouent leurs rôles, tout comme vous jouez le vôtre. Temporairement.

Avez-vous entendu parler de la loi de similitude ? Nous sommes constitués de sphères ou de champs énergétiques qui, à la manière d’un aimant, attirent tout ce qui vit en nous, en fonction de notre contenu intérieur. Et si l’on croit que le monde cherche toujours à rétablir l’équilibre, alors ce qui viendra à nous sera comme une structure ou une expérience chargée d’une polarité opposée. Encore et encore.

Par exemple, vous êtes une personne extrêmement responsable ? Voici pour vous un partenaire absolument irresponsable. Vous avez peur d’être abandonné ? Alors, vous rencontrerez une personne distante, terrifiée à l’idée de s’attacher, qui vous fera revivre la perte encore et encore. Vous rejetez ceux qui boivent, fument ou se livrent à des excès de toutes sortes ? Tenez, voici le plus détaché et le plus perdu d’entre eux.

Et ainsi de suite, jusqu’à ce que vous équilibriez votre propre extrême, jusqu’à ce que vous trouviez votre équilibre intérieur.

Vous voyez ? Voilà ce que signifie faire l’expérience de l’inverse.

Mais l’inverse est également vrai : si vous êtes honnête avec vous-même et avec les autres, les autres seront honnêtes avec vous. Si vous donnez du bien et prenez soin des autres de manière inconditionnelle, cela vous reviendra multiplié par cent, mais pas nécessairement de la part des mêmes personnes. Si vous savez que le monde est un endroit sûr, rien de mauvais ne vous arrivera.

À condition, bien sûr, que cette conviction soit sincère.

Jésus disait : « Qu’il vous soit fait selon votre foi. » Et la foi vit en vous comme une forme-pensée extrêmement puissante, semblable à un filtre dans votre champ énergétique, qui façonne tout l’espace autour de vous.

Et peu importe votre parcours. Nous avons tous traversé des moments difficiles à certaines périodes de notre vie. Ce qui compte, c’est la manière dont vous voyez les choses aujourd’hui et le fait de savoir qu’à tout moment, par un simple effort de volonté, vous pouvez reconfigurer vos « programmes » et, en quelque sorte, réécrire votre scénario depuis le début. Mais ce sera pour une autre fois.

Il en découle qu’aucune personne dans notre vie n’est là par hasard. Chacune arrive, se manifeste et parfois même s’en va au moment le plus juste. Appelez cela l’ordre divin, la justice ou l’œuvre de votre âme — le sens reste le même. Nous sommes tous entrelacés les uns aux autres par de fins fils invisibles. Nous ne formons qu’un seul organisme vivant et respirant, comme je l’explique plus en profondeur dans mon article consacré au Manteau magique. Nous réagissons tous aux transformations qui s’opèrent en chacun de nous, nourrissant ainsi un champ commun d’éveil.

C’est ainsi que nous apprenons à devenir entiers. À ramener nos fragments à leur place — à la maison, dans le cœur.

Dire « ramener ses fragments » signifie littéralement retrouver sa propre énergie, celle que l’on s’est soi-même retirée, en équilibrant les polarités et en prenant conscience que l’on est bien plus que ce que l’on croyait être.

Et alors, quand trouvons-nous tout cela à l’extérieur de nous ?

C’est dans les moments de rencontre avec une autre personne, lorsque vos sentiments sont purs et ne sont pas encore conditionnés par tout ce qui programme la vie et la vision du monde de chacun, que nous faisons véritablement l’expérience de l’amour. De cet amour qui a donné naissance à tout ce qui vit autour de nous. De cet amour qui est nous-mêmes.

Il se manifeste parfois sous la forme d’étincelles qui apparaissent de temps à autre entre les êtres. Parfois, ce sont des éclats plus lumineux, des « souvenirs de la maison ». Jusqu’au jour où, peut-être, cette étincelle se transformera en une flamme qui nous consumera et nous ramènera une fois pour toutes à notre véritable nature. À la lumière.
Peut-être aux côtés d’un partenaire, peut-être seul, face à soi-même. Mais une chose est certaine : lorsque votre véritable nature divine se révèle à vous, votre regard ne cherche plus. Il co-crée. Et à partir de cet instant, vous devenez le créateur, et la vie, votre création consciente et merveilleuse, dans laquelle tout devient possible. Dans laquelle vous êtes vous-même l’Amour.

Un de mes guides spirituels m’a dit un jour :

« Ce que l’être humain appelle l’amour est bien souvent une expérience qu’il lui faut traverser afin de connaître sa propre vérité. Il arrive rarement, mais cela arrive tout de même, que cet élan, cette attraction vers l’autre se transforme en un sentiment véritable et profond. Lorsque l’âme s’ouvre, lorsque l’ego s’efface. Des deux côtés. C’est rare, mais cela arrive. »

Et je voudrais terminer ma réflexion avec ces mots de G. S. Pomerantsev, tirés de son livre Le Travail de l’amour :
« Le bonheur réside dans l’amour lui-même, même lorsqu’il n’est pas réciproque. La capacité d’aimer ainsi fait partie de ce mystère que les êtres qui s’aiment se transmettent. Rilke écrivait à Tsvetaïeva :
“Les dieux nous attirent, par une tromperie, vers l’autre sexe, comme deux moitiés appelées à ne faire qu’un. Mais chacun doit s’accomplir lui-même, grandir jusqu’à la pleine lune, comme le croissant. Cet accomplissement peut se poursuivre ensemble, mais il faut nécessairement commencer seul.” »

Et c’est véritablement ainsi.

AUTRICE : KRISTINA MARIINSKAYA
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