Il était une fois un petit être.
Était-il réellement petit, ou bien ne faisait-il que le croire — nul ne le savait. Une chose, cependant, était certaine : sa demeure était une coquille, solide comme l’acier, sans la moindre fenêtre ni porte. On ne pouvait la briser que de l’intérieur ; de l’extérieur, on ne pouvait qu’y laisser de fines éraflures. Tel était son étrange mécanisme — protéger des tempêtes du monde extérieur.
Dehors, des voix résonnaient, avertissant du danger qui attendait la petite créature si elle osait sortir ; qu’au-delà de cette épaisse coquille, rien n’était sûr, qu’il valait mieux rester à l’intérieur.
Et pourtant, tout aurait pu sembler supportable, mais à l’intérieur, pas le moindre rayon de soleil — une obscurité dense et absolue, où l’air lui-même semblait manquer. Le petit être souffrait, mais restait là, se serrant de toutes ses forces dans cet espace qu’il croyait sûr. Certes, il s’y sentait à l’étroit, mal à l’aise, presque contre nature — mais tout y était connu, prévisible, sans menace ni imprévu.
Un jour, il fit un rêve étrange. Le monde qui l’entourait y apparaissait lumineux, doux et bienveillant. Il s’y sentait heureux, libre, et l’espace y était infini.
À son réveil, une profonde tristesse l’envahit.
« Et si c’était vrai ? Si tout là-dehors n’était pas comme on me l’a dit ? » se demanda-t-il.
Cette pensée le mit en colère. Il se mit à frapper la coquille de toutes ses forces, espérant s’en libérer. Ses coups étaient puissants, mais en vain : les parois ne cédaient pas. Au contraire, elles semblaient se renforcer.
Alors, désespéré, il tomba à genoux et se mit à pleurer.
C’est alors qu’il entendit une voix douce, chaleureuse, étrangement familière, résonnant comme un écho venu de nulle part, lui murmurant :
« Ta maison n’est pas à l’extérieur, mais en toi. Elle est toujours avec toi. Souviens-t’en. »
Aussi surprenant que cela puisse paraître, ces mots lui apportèrent un profond apaisement. Il posa les mains sur son cœur et ferma les yeux. Son corps tout entier se remplit d’une chaleur enveloppante, et il comprit : je suis chez moi.
À cet instant même, la coquille qui l’avait si fidèlement protégé se fissura puis se brisa. Du centre de son cœur jaillit une lumière d’une beauté indicible, transformant tout autour de lui.
Depuis ce jour, le petit être devint une grande créature lumineuse, capable de créer des mondes doux et merveilleux par la force et la beauté de son cœur. Il ne connut plus la tristesse, et il n’exista plus un seul endroit où il ne se sente en sécurité.
Car désormais, il savait :
sa maison est en lui — et là, tout est paisible.
autrice: KRISTINA MARIINSKAYA