Graphite sur papier satiné, 18cm x 26cm, 2025
"LUMIÈRE INTERIEURE"
PARABOLE
Il était une fois, sur cette vaste terre, un tout petit homme qui errait dans une contrée profonde et oubliée du soleil, semée de mirages et d’illusions. Son cœur portait un seul désir : trouver la lumière capable d’éclairer le chemin véritable, celui qui n’avait été tracé que pour lui.

On lui avait dit : « Si la chance te sourit, tu découvriras ta lumière. Mais pour cela, suis les étincelles brillantes qui scintillent au loin, là-bas, à l’horizon. »

Et il obéissait. Il marchait vers ces feux lointains, plein d’espérance.

Hélas ! À peine s’en approchait-il qu’ils s’évanouissaient. Ils l’attiraient vers des terres inconnues, puis se dissolvaient dans l’air, comme s’ils n’avaient jamais existé. Ils se jouaient de lui, le détournaient sans cesse de sa route. Encore et encore.

Un jour, lassé de ces recherches illusoires, il se dit : « Et si je prenais le chemin opposé ? Peut-être la fortune m’y attend-elle. »

Il marcha longtemps, sans repos. Son corps était meurtri, et son cœur transi de froid. À bout de forces, il leva la main, comme pour frapper l’air lui-même — mais, chose étrange, il heurta de toutes ses forces un objet dur et massif.

Qu’était-ce donc ?

Il tâtonna, caressa cette forme sauvage et inconnue. Soudain, elle frémit, se mit à tourner, à se déployer vers le ciel, comme si elle s’éveillait d’un sommeil long comme l’éternité.
C’était un arbre.

Un arbre si ancien que le monde lui-même semblait l’avoir oublié.

À la vue du petit homme, il s’illumina de toute sa splendeur, grandissant encore et encore vers les étoiles. Il abaissa ses branches vers la terre, et sur ces branches, au lieu de feuilles, flottaient les plus éclatantes étincelles de lumière qu’on eût jamais vues.
Le petit homme brûla du désir de s’en emparer.

« L’arbre en possède tant, pensa-t-il, il ne remarquera pas si j’en prends quelques-unes… »
Il tendit la main vers deux ou trois étincelles. Mais, comme autrefois, elles commencèrent à s’éloigner de lui.

Déjà il s’apprêtait, par habitude, à courir derrière elles, quand une voix profonde et pénétrante retentit :

« Doucement… ainsi tu n’obtiendras rien. »

Sur l’écorce épaisse apparut un visage bienveillant : c’était l’esprit de l’arbre qui s’adressait à lui.

Le petit homme tomba à terre, saisi de stupeur et de crainte.
L’arbre lui sourit et poursuivit :

« N’aie pas peur. Je ne te ferai aucun mal. Mais toi non plus, ne commets pas de folie. Ce que tu vois sur mes branches ne t’appartient pas — et ne t’appartiendra jamais, si ardemment que tu le désires.
Vois-tu, chacun possède sa propre lumière. Mais vous autres, humains, vous avez commencé à la chercher au-dehors, sans comprendre qu’elle ne vit qu’en vous.
La lumière d’autrui n’est qu’un mirage vide. La tienne est une source éternelle.
Regarde dans ton cœur désespéré, cher petit homme, et tu verras combien il est magnifique en son centre — combien ta lumière est vive et fidèle.
Allons, essaie. »

À ces mots, l’arbre étendit l’une de ses longues branches et toucha doucement le cœur du petit homme.

Il en fut si profondément ému qu’il n’osa désobéir. Abandonnant la course aux trésors extérieurs, il ferma les yeux. Il plongea en lui-même, jusqu’au centre le plus secret — et le libéra : sa lumière.

Au même instant, d’une minuscule étincelle née du plus profond de son être jaillit une clarté d’une beauté indicible. Il lui sembla qu’un puissant courant d’énergie traversait tout son corps. La lumière, surgissant de sa poitrine, se mit à tournoyer autour de lui, s’élevant en spirale vers le ciel.

Puis elle se transforma en un chemin — un sentier lumineux s’étendant au loin, éclairant et métamorphosant tout sur son passage.

Le petit homme remercia l’arbre pour sa sagesse.
Et il reprit sa route, où il rencontra autant de merveilles qu’il était prêt à en accueillir.


autrice: KRISTINA MARIINSKAYA
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