Tant que nous entretenons une image qui n’est pas la nôtre, nous ne pouvons pas être véritablement heureux.
Tant que nous cherchons à nous conformer à la société, à ce que l’on attend de nous ou à ce qui se fait habituellement, nous nourrissons cette version de nous-mêmes que nous ne sommes pas, mais que nous avons choisi de devenir pour le bien de tous, pour préserver une certaine harmonie et tranquillité.
Tant que nous jouons à faire semblant, en nous présentant comme ceci ou cela, nous attirons à nous les mauvaises personnes, les mauvaises circonstances, les mauvais endroits.
Nous souffrons et nous nous demandons ce qui ne va donc pas chez nous. Nous cherchons la réponse dans le regard des passants et finissons parfois par tirer une conclusion bien banale : nous ne sommes pas à la hauteur, nous ne sommes pas dignes, nous sommes des êtres brisés. Si les choses étaient autrement, notre vie aurait depuis longtemps pris des couleurs bien différentes.
Trouver sa place dans le monde. Cette phrase revenait sans cesse devant mes yeux, encore et encore, sans que j’en comprenne véritablement le sens.
Qu’est-ce que cela signifie, au juste ? Comment faut-il l’entendre ?
Et vous savez, tout s’est révélé bien plus simple qu’il n’y paraît à première vue, même s’il m’a fallu énormément de temps pour en prendre conscience.
Un jour, au cours d’une conversation avec un ami proche, celui-ci m’a lancé avec un petit clin d’œil :
« Ah, Kristina, les choses les plus simples sont souvent les plus difficiles à intégrer et à mettre en pratique. »
Il avait parfaitement raison.
Nous avons tendance à tout compliquer, à chercher des formules particulières, des clés mystérieuses, alors que tout a toujours été là, sous nos yeux, juste devant nous.
Mais avant d’en arriver là, j’ai dû jouer des rôles étrangers à mon âme, porter des vêtements trop étroits, trop serrés, et toutes sortes de masques. Tout cela dans le but d’être acceptée par la société, mes amis, ma famille et, bien sûr, par mon propre ego, convaincu de détenir la recette du véritable épanouissement.
Dans ce monde matériel, nous avons tendance à davantage écouter notre mental, que la société, l’éducation et nos parents calibrent dès notre enfance. Nous intégrons une quantité immense de « réglages », absorbant comme des éponges tout ce que nous entendons et observons autour de nous, jusqu’à perdre presque entièrement le lien avec notre voix véritable. J’aime l’appeler la voix de l’âme.
Ainsi, tôt ou tard, nous finissons par ne plus nous sentir à l’aise dans le monde que nous avons nous-mêmes créé. Peut-être que cela arrive soudainement, peut-être progressivement, mais un profond sentiment d’aliénation, de souffrance et de tristesse finit par s'installer.
Beaucoup diront que c’est normal, que c’est ainsi, que c’est simplement la vie ou une période difficile à traverser. Mais le temps passe, rien ne change à l’intérieur et l’on finit par se perdre définitivement dans les dédales des masques et des idées qui, comme on le découvre, ne nous correspondent pas vraiment.
La seule issue consiste alors à revenir à la source, à la graine originelle, à soi-même.
Une remise à zéro.
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Trouver sa place signifie se libérer, comme on épluche un oignon, de toutes ces couches étrangères que nous avons revêtues, chacun pour ses propres raisons, qu’il s’agisse de se protéger ou de vouloir correspondre aux attentes des autres.
Ces couches ne peuvent pas être arrachées toutes en même temps, car il s’agit d'un processus extrêmement délicat, qui demande beaucoup de douceur et de précaution.
Ce que nous portons parfois depuis des décennies a littéralement fini par fusionner avec notre corps et toute notre structure intérieure. C’est pourquoi il faut s’approcher de ce processus avec délicatesse, avec amour, sans jugement ni culpabilité envers nous-mêmes, sans nous reprocher d’avoir passé tout ce temps à être n’importe qui, sauf nous-mêmes.
Ne vous empressez pas de vous accuser ni de vous jeter la pierre. Tout cela constitue une expérience précieuse, même si elle nous a appris les choses à rebours.
Pour ma part, comme pour beaucoup d’autres (sinon pour tout le monde), cette expérience m’a permis de comprendre ce qui NE me plaît PAS et ce que je NE veux PAS être.
Et, bien entendu, chacun a son propre seuil de tolérance. Certains traverseront toute leur vie ainsi, tant bien que mal. D’autres connaîtront un épuisement profond au milieu de leur existence. Pour d’autres encore, quelques mois, voire quelques jours, suffiront.
Quoi qu’il en soit, si vous lisez ces lignes aujourd’hui, il est tout à fait possible que vous soyez arrivé à votre propre limite et que vous cherchiez à comprendre ce qui se passe, ainsi que la direction à prendre.
Le monde est notre reflet. Vous avez peut-être déjà entendu cette idée. Et c’est précisément là que réside l’essentiel : quelque chose d’évident pour les uns, de fantastique, voire d'inconcevable pour les autres. Pourtant, c’est bien ainsi que les choses fonctionnent.
Car, que nous en ayons conscience ou non, chaque être humain est créateur de sa propre vie, de sa propre réalité. La seule question est de savoir s’il la crée consciemment ou non.
Le monde, lui, ne fait aucune distinction. Il reflète toutes nos convictions profondes, nos pensées et nos sentiments. Vous pouvez en faire votre ami ou votre ennemi : le choix vous appartient.
« Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », peut-on lire dans la Table d’émeraude. Alors, que vous y croyiez ou non, cela continuera de fonctionner.
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Imaginez-vous devant un miroir. Imaginez que ce miroir soit le monde lui-même.
Il n’est ni bon ni mauvais. Par nature, il est neutre : sa fonction consiste à refléter tout ce qui se trouve devant lui. Comme vous le savez, cela ne peut être changé.
Les personnes qui traversent notre vie, les situations, les circonstances, le travail… tout cela nous renvoie à nos propres convictions, à nos idées et à nos sentiments intérieurs. Rien de tout cela ne peut être « le mauvais ». Tout correspond simplement à quoi ? Exactement. À notre propre reflet.
Ces expériences nous enseignent. Remercions-les pour cela. Et puis, comment ne pas aimer son propre reflet ? Sans lui, tout cela n’aurait aucun sens. Comment aurions-nous pu deviner que quelque chose n’allait pas ? Comment aurions-nous pu voir ce que nous portons en nous ?
Enlevez le miroir et vous perdrez tout repère. Acceptez-le et vous trouverez la liberté. Car il n’y aura plus de distinction entre les deux.
Vous vous souvenez ? Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Ou, pour le dire dans notre langage : ce qui est à l’intérieur se retrouve à l’extérieur.
Lorsque nous prenons conscience que le monde, c’est nous, et que nous sommes le monde, une véritable co-création commence. La lutte disparaît. Et contre qui lutter, d’ailleurs ? Contre soi-même ? Je pense que vous avez saisi l’essentiel.
Trouver sa place dans le monde signifie révéler la pure résonance de son individualité : sa couleur, sa nuance, le timbre de sa voix, sa sonorité, son rythme, son mouvement, son geste. Tout cela est unique en chacun de nous.
Ce n’est qu’en nous accordant à notre propre musique que nous pouvons véritablement pénétrer au cœur de notre essence, en découvrir l’unicité, les nuances, les formes et les tonalités.
J’aime faire le parallèle avec la musique. Tout comme chaque œuvre, chaque instrument de musique, nous avons notre propre manière de « résonner ». Et si vous souhaitez créer quelque chose qui vous appartienne véritablement, plongez profondément en vous-même et partez à la recherche de votre vérité.
Le monde a besoin de votre sonorité pure, de la VÔTRE. C’est seulement ainsi qu’elle pourra véritablement captiver.
Car tout ce qui est sincère et authentique est immédiatement perçu par l’espace et par les autres. Tout ce qui est créé à partir de l’imitation et du doute sonne faux et ne dure jamais.
Le mensonge finit toujours par prendre fin, même lorsqu’il nous a servi d’expérience. Seule la vérité prospère, se déployant vers le haut, à la manière d’une spirale qui s’élargit sans cesse.
Seules les histoires les plus pures et les plus sincères laissent des traces éternelles dans nos cœurs.
Et il n’y a aucune raison de s’inquiéter de ce que les autres penseront.
Qu’est-ce que cela peut bien nous faire ?
Chacun aura toujours sa propre interprétation de vous, de vos actes ou de ce que vous créez, peu importe de quoi il s’agit.
Alors, quelle importance ?
Faire de son propre bonheur une priorité absolue : voilà ce qui a véritablement du sens. Et beaucoup ont déjà compris qu’il ne réside pas dans les biens matériels. Tôt ou tard, les vêtements des autres finissent par nous serrer. Ils ne sont tout simplement pas faits pour nous.
Trouver sa place dans ce monde signifie accueillir son individualité, libérer sa force et s’autoriser à être tel que l’on est, plutôt que tel que notre entourage aimerait nous voir. Faire entendre sa propre voix et, ce faisant, créer son reflet unique dans le monde.
Faire connaissance avec soi-même pour la toute première fois. S’autoriser à être vivant, fou, exubérant, bruyant, peu importe. L’essentiel est d’être soi-même.
N’attendez pas la fin de votre vie, ni le prochain épilogue d’une nouvelle pièce jouée pour les yeux des autres, pour comprendre qui vous êtes et pourquoi vous êtes venu au monde.
Commencez maintenant.
C’est maintenant le bon moment, car c’est tout ce que nous avons. Voilà notre grand cadeau : le présent.
Alors, en prenant la place qui vous revient de droit, vous toucherez, par votre pure résonance, les cordes les plus subtiles de ce monde et vous vous retrouverez exactement là où vous avez toujours été destiné à être, là où votre naissance même vous donne le droit d’exister.
Cela m’est arrivé. C’est arrivé à beaucoup d’autres. Et peut-être que cela arrivera bientôt à vous aussi, qui lisez ces lignes.
Et c’est bel et bien ainsi.
Auteur : Kristina Mariinskaya